FLE, WEB 2.0 et collaboration, ou pas …

Collaboration
Participation – Partage – Collaboration
La Web de deuxième génération (Web 2.0) se caractérise par l’apparition de nouveaux outils facilitant le partage et la collaboration. Cette évolution marque le passage de la Web passive (internaute spectateur) à la Web active (internaute acteur).
Ce sont ces possibilités de participation, d’interaction qui représentent à mes yeux le principal attrait de cette nouvelle tendance. La célèbre Wikipedia, Delicious, les documents partagés de Google pour ne citer que quelques exemples sont le fruit de cette révolution. Mais, qu’en serait-il de Wikipédia sans la collaboration citoyenne ?
C’est mon engouement pour ce phénomène qui orienté mes efforts et motivé le développement des différents outils dont je me suis doté. Je pensais, naïvement sans doute, que tout le monde serait rapidement rattrapé par cette vague et que partageant mon enthousiasme, le partage, l’interaction, la collaboration s’imposeraient comme système ou méthode de travail.
- Plus concrètement j’imaginais qu’entre professeurs nous pourrions alimenter des bases de connaissances et de ressources destinées à l’enseignement.
- Que, par exemple, les élèves d’un même groupe partageraient leurs notes sur un support commun complété et corrigé par le prof.
- Que des discussions s’établiraient entre tous les participants au sujet de leur formation.
- J’imaginais donc qu’une communication intense et multidirectionnelle s’établirait entre tous les acteurs du FLE, et que celle-ci donnerait lieu à une multitude d’échanges profitables à chacun.
Or, je me retrouve aujourd’hui confronté, sinon à un échec tout du moins à une très grande déception. Pourquoi donc la participation est-elle si rare ? Les collaborations quasi inexistantes ? Les partages si limités ?
« C’est un problème culturel »
C’est un fait, la plus grande partie des apports dans les réseaux sociaux est le fruit d’un nombre très restreint de participants ; le nombre de commentaires dans les blogs ne représente qu’un très faible pourcentage du nombre de lecteurs ; la proportion des contributeurs à Wikipedia est négligeable par rapport au nombre d’utilisateurs.
N’ayant lu aucune étude sérieuse sur ce sujet propre à éclairer ma lanterne, je m’interroge sur la raison de ce phénomène. La timidité ? La peur de mal faire (complexe) ? Le manque de temps ? Le désintérêt ? Le manque de compétences ? La « technophobie » ?
La réponse que l’on me fait à cette question, chaque fois que je la pose : « C’est un problème culturel ». C’est probable … Mais c’est une réponse un peu trop facile à mon goût.
« Quel dommage ! »
Quoi qu’il en soit, je déplore sincèrement qu’il en soit ainsi et je regrette cette forme de fermeture d’esprit.
Ce que nous faisons et disons est-il si important, si nouveau, si exceptionnel que nous ne puissions le partager avec les autres ? Le fait de partager, d’apporter nos connaissances nous appauvrirait-il ? Les connaissances apportées pourraient-elles bénéficier à des collègues incompétents ou malintentionnés ? Apporter sa petite pierre à une construction commune serait-il si compromettant ?
Ouverture d’esprit
Quel dommage ! Quelle immense perte de temps ! Les mots me manquent pour exprimer la sensation de gâchis que je ressens face à l’immensité du travail individuel fourni et qui n’aboutira à la fin qu’à un résultat partiel et insatisfaisant (ou peut-être juste satisfaisant pour l’orgueil de celui qui l’a réalisé). Je suis réellement ébloui par le nombre d’initiatives individuelles et brillantes qui surgissent de toutes parts. Que ce soit sous forme de podcasts, de webs, de blogs, de wiki chacun plus ou moins spécialisé dans un domaine particulier de notre langue.
Avoir autant d’outils, de moyens, de technologies et à notre disposition nous permettant de travailler ensemble et ne pas en profiter … Autant de savoirs et de compétences qui ne demandent qu’à se compléter … Un travaille immense réalisé chacun de notre côté quand nous aurions tout à gagner à partager, ajouter, compléter, corriger, mettre en commun nos connaissances. J’ai la sensation que nous calmons notre faim avec un sandwich pris sur le pouce quand nous pourrions organiser un banquet. Imaginez les avantages en terme de quantité (plus de ressources), de qualité (correction et relecture) et de diversité.
Comment travailler
Chacun d’entre nous, professeurs, élèves, amants du français, actifs ou retraités, a quelque chose à apporter.
Pour ma part je peux par exemple :
- Vous inviter à modifier mon Wiki (Mediawiki),
- Vous inviter à vous exprimer à travers de mes blogs (Wordpress), je vous donnerai les autorisations nécessaires à cet effet.
- Mettre à votre disposition des dizaines de présentations et documents (Google docs) qui ne demandent qu’à être enrichis et utilisés.
- Ouvrons de nouveau canaux de communication ou utilisons ceux existants afin de partager nos idées et expériences (#fle de Twitter / groupe « fle » sur Facebook etc.)
- Donner accès à un système de E-learning (Moodle).
Chacun d’entre nous, à hauteur de notre temps et de nos compétences, a quelque chose intéressant à exprimer ou à apporter.
Je lance un appel au bon sens et à l’ouverture d’esprit. Commençons à tisser des liens, mêmes tenus, faisons quelques premiers pas, je pense sincèrement, et peut-être encore naïvement, que nous aurions tous quelque chose à y gagner.